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Entre nous

Parlons peu, parlons Pride

L’année 2019 a décidément marqué un tournant pour la communauté LGBTQIA+ des régions annéciennes et genevoises. En juillet dernier, la Pride faisait enfin son grand retour en Suisse romande après 8 ans d’absence, et quelques jours plus tard c’était au tour de la Venise des Alpes d’accueillir sa toute première Marche des Fiertés ! C’est l’occasion parfaite pour nous de retracer brièvement l’histoire de ces marches, et de nous rappeler pourquoi nous défilons chaque année sous les couleurs du drapeau arc-en-ciel.

L’origine du mouvement remonte à la fin des années 60, lors de ce que l’on appelle les émeutes de Stonewall. À cette époque, les droits de tous ceux et toutes celles ne correspondant pas aux normes sexuelles et de genre étaient bafoués, les arrestations étaient monnaie courante et ces personnes subissaient constamment une très forte répression policière. Le 28 juin 1969, dans ce contexte de tensions, la police new-yorkaise fait une descente au « Stonewall Inn », un bar mafieux dans lequel se retrouvaient habituellement homosexuel-le-s et transgenres, drag-queens, travailleur-euse-s du sexe, etc. C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres et une violente manifestation qui se poursuivra dans la rue éclate alors. Les occupant-e-x-s du bar refusent de se laisser faire, refusent de continuer à être victimes d’autant d’injustices et repoussent les forces de l’ordre. Ce soulèvement mènera à la création du « Gay Liberation Front », un groupe antimilitarisme, antisexisme et antiracisme qui se battra pour faire valoir les droits des personnes LGBTQIA+ et s’attaquera aux inégalités sociales. L’année suivante, le GLF organisera une marche pour commémorer les évènements de Stonewall : une tradition était née.

Les « Gay Pride » deviendront progressivement les « Marche des Fiertés » par souci d’inclusivité. Le terme « gay » étant très souvent associé à l’homosexualité masculine, cette nouvelle appellation permet d’englober toutes les personnes de sexualités et d’identités de genre diverses et variées. Bien que se déroulant toujours dans une ambiance festive, les Marches des Fiertés restent, encore de nos jours, éminemment politiques. La Suisse n’a toujours pas légalisé le mariage pour tous. En 2018, SOS-Homophobie recensait 1905 témoignages d’agressions homophobes, transphobes ou lesbophobes en France. Les hommes ou les femmes ayant des relations avec le même sexe encourent toujours la prison au Guyana ou en Malaisie, par exemple, et la peine de mort au Brunei, en Iran, au Yémen et la liste ne s’arrête pas là. De nombreux pays d’Afrique, du monde arabe ou d’Europe de l’Est pénalisent encore durement l’homosexualité ou dénie parfois même l’existence de la communauté LGBTQIA+. La Russie n’a jamais connu de Pride car, sous le prétexte d’une loi interdisant la « propagande homosexuelle » auprès des mineur-e-x-s, toutes les velléités de rassemblements se voient rapidement étouffées dans le pays. Et ce n’est ici qu’une petite poignée d’exemples. Voilà pourquoi, tous les ans, toujours plus d’individus se réunissent aux quatre coins de la planète pour prouver au monde qu’ils existent et pour défendre leur liberté d’être et d’aimer qui bon leur semble.

Nous pouvons être fier-e-x-s du chemin parcouru, sans oublier cependant que le combat est encore loin d’être gagné. Dû au franc succès qu’elles ont rencontré l’année passée, les Marches des Fiertés d’Annecy et de Genève reviennent toutes les deux en juillet 2020. Nous vous donnons donc rendez-vous cet été pour brandir bien haut les couleurs de notre drapeau et célébrer une fois de plus l’acceptation et la tolérance !

Geneva Pride 2020 : du 27 juin au 5 juillet 2020

Marche des fiertés 2020 – Annecy : 11 juillet 2020

Annecy queer

Cette semaine, QueerGaies News se lance un défi : faire un bref historique des établissements LGBT+ qu’Annecy a pu connaître dans ses années les plus folles ! En effet c’est au début des années 90 que tout commence, période à laquelle l’homosexualité cesse d’être considérée comme une maladie mentale par l’OMS. Différents établissements voient alors le jour, comme le « Happy People », une grande discothèque à Chaumontet, ou encore le « Comedy Cafe », situé dans le Passage du Sorbier près de la poste du centre-ville. Ce cabaret était réputé pour ses soirées dansantes et transformistes où l’on pouvait assister à de nombreux spectacles. Enfin, d’autres établissements s’ajoutent également à ce beau catalogue : Le « Petit Troquet » rue royale, « l’Optimum » rue Filaterie, le « Danelly » rue Carnot.

Petite histoire du milieu récréatif LGBT+ à Annecy…

Début des années 90 :

- Tout juste après que l’homosexualité est rayée de la liste des maladies mentales, le « Happy People », une grande discothèque, voit le jour à Chaumontet, près du Grand Epagny. Cette boîte de nuit marche à merveille, les gens viennent de Genève et de Lyon pour s’y rendre, et donne à Annecy la réputation d’être la ville où personnes homosexuelles et hétérosexuelles cohabitent le mieux.
- Ouverture du « Comedy Café » dans le Passage du Sorbier près de la poste du centre-ville. Cabaret dansant, transformistes et spectacles sont au rendez-vous.
- Les deux gérants des établissements précités se « marient » fictivement pour sceller leur union et défilent en robes de mariées dans les rues d’Annecy !
- D’autres établissements jalonnent les rues d’Annecy dans les années 90, le « Petit Troquet » rue Royale, « l’Optimum » rue Filaterie et « le Danellys » dans la rue Carnot.

Milieu des années 90 :

- Le « Happy People » passe un accord avec la discothèque « Le Barock », située rue Carnot, pour échanger leurs murs et s’installe au centre ville en rachetant du même coup le bar à côté de la boite que l’on appelle désormais « At The Villa » !
- Le gérant du « Comedy Cafe » ouvre un « after » gay appelé à l’époque le "Studio 9" !
- Une discothèque LGBT+ voit le jour dans la rue Vaugelas, elle s’appelle « Le Point G ».
- En 1998, Une ex-pizzaïolo ouvre un bar-restaurant lesbien dans la rue Jean-Jacques Rousseau, appelé « Le Bouche à Oreille ».
- Le « Studio 9 » situé avenue de Chambéry est rebaptisé « Le Stud’ ».

Le milieu LGBT+ bat son plein !

Début des années 2000 :

- Un ancien garagiste ouvre le « Savana Café », un bar gay sur deux étages dans le Passage Gruffaz, et embauche la « Maman » d’Annecy comme serveur.

Une succession de fermetures :

Face à la pression des habitants, qui se plaignent de nuisances nocturnes, à la diminution du pouvoir d’achat, ou pour d'autres raisons, de nombreux établissements sont forcés de mettre la clé sous la porte. Coup dur sur coup dur, après la fermeture du « petit Troquet » et de la discothèque « Le Point G », c’est au tour du « Stud’ » de disparaître définitivement pour des questions de drogue.
- Vente du Savana Café. « Maman » retourne au « Comedy Cafe » et le patron du « Savana » devient serveur à « l’Atelier des Sons » dans les pentes du château d’Annecy. Pour la petite histoire, ce bar, qui est à l’origine hétérosexuel, sera fréquenté principalement par des personnes gays ou lesbiennes !

Été 2003 : Première Pride à Annecy ! Tous les établissements de la ville et des alentours organisent une « Roller pride » sur la piste cyclable au départ du « Happy People » à destination du restaurant "Chez ma cousine" à Doussard.

Juillet 2006 : Création du Forum en ligne Lesbiannecy !

Mars 2007 : Fermeture définitive du « Com’ Café » et ouverture de « L’Equinox » rue Vaugelas par l’ancien gérant du « Com’ ».

Avril 2007 : Fermeture de « l’Equinox », et de « L’atelier des Sons » et reprise de « l’Equinox » par « Maman » qui baptisera celui-ci « Le Verre-Luisant ».

Septembre 2008 : Fermeture du « Bouche à Oreille » !

Août 2010 : Fermeture du « Happy People » et du bar « At the Villa ».

Eté 2010 : Ouverture du bar « le Vitis » rue du Pâquier, lesbiennes friendly et du nouveau restaurant de Pénélope (Chez Pen), ancien employé au « Happy People ».

Hiver 2010 : Création des soirées OnlyGirls sur Annecy via le forum Lesbiannecy, soirées régulières 100% filles dans différents lieux d’Annecy.

Eté 2011 : Ouverture du bar gay « La Vie en Rose » à côté de l’ancien « Comedy Café ».

2012 : Fermeture du « Vitis bar » et de La Vie en Rose.

2013 : Changement de gérance pour le « Verre-Luisant », rebaptisé le « NEXT DOOR ». Julie de l'ancien staff du « Happy » reprend le bar de nuit.

2015 : Le « NEXT DOOR » ferme ses portes en mai 2015.

2016 : Dissolution de l’association OnlyGirls. Sa fondatrice reprend la gérance du bar-restaurant « l’Envol » la même année à Metz-Tessy. Elle organisera des apéros mensuels LGBT+ intitulés les apéros de la Licorne jusqu’à son départ de la gérance en 2018.

2016/2017 : Organisation du festival du film des minorités de genre et sexuelles, TRANSPOSITION, qui durant deux ans programmera sur 15 jours annuels la diffusion de films LGBT+ dans différents cinémas d’auteurs annéciens. Plusieurs conférences, soirées et spectacles sur cette thématique auront également lieu.

Durant cette même période plusieurs établissements organiseront des événements LGBT+ (le « Fitzgerald club », qui prend la place du « NEXTDOOR », le 24 du Faubourg, qui prend celle du « River’s »)

Du renouveau !

Janvier 2019 : Création du groupe Facebook LGBT Annecy et Alentours par Mélanie qui organise des petits évènements tels que des pique-niques, des apéros et des accro branches.

Juillet 2019 : Organisation de la première marche des fiertés en plein centre-ville par l’association ANNECY PRIDE.

Décembre 2019 : La fondatrice du groupe Facebook Annecy LGBT Alentours lance en freelance l’enseigne QUEER GAIES pour organiser de plus gros évènements LGBT+ à Annecy.

Petit guide de survie du Coming Out !

Aujourd'hui, parlons du coming out. Mais avant tout, qu'est-ce que c'est ?
Le coming out, raccourci de l'expression "coming out of the closet" = sortir du placard, est l'action de dévoiler son homosexualité, sa bisexualité et / ou son changement de sexe.
Il y a un peu une vie avant coming out, et une vie après coming out. Autrement dit, c'est le moment où tout le poids de cette grosse pierre que tu te trimbalais sur l'estomac, qui pesait une tonne sur ta conscience, s'envole enfin de ses propres ailes tel un petit papillon aux couleurs de l'arc en ciel !
Adieu culpabilité, adieu mensonges, je me dévoile et par là, je m'accepte enfin tel.le que je suis vraiment, aux yeux des autres, mais surtout vis à vis de moi-même...
Ça y est tu as clamé haut et fort qui tu es et qui tu aimes !
Facile à dire, mais pas facile à faire...
Oh que oui, ce fameux coming out n'est pas une mince affaire, il va dépendre des personnes qui sont en face de toi, mais aussi de la manière dont tu décides de l'exprimer !

Juste pour toi, on a regroupé ici quelques petits conseils pratiques pour t'aider :

Énoncer son orientation en l'assumant ! Si tu amènes tes propos sans en faire un problème, alors ça va déjà bien dédramatiser le bordel !

Entoure-toi de personnes que tu sais ouvertes, pour leur en parler avant, commence par les plus faciles, ça te fera de l'entraînement et ça te mettra en confiance ! (Par exemple, évite de commencer par tes grands parents, eux, c'est généralement le Boss final de l'aventure du coming out, car il faudra faire face à des préjugés et des mœurs d'une autre époque, ancrés bien profondément !)

Pas besoin d'attendre le moment parfait pour faire ton annonce, car ca n'arrive jamais ! Monsieur le Coming Out n'a pas d'âge, et son activité favorite est de procrastiner .. Le bon moment, c'est quand tu le sens !

Rapproche-toi de personnes qui ont déjà fait le leur, tu verras que parfois, ça peut aussi bien se passer et qu'on est toujours vivant après !

Renseigne-toi, il y a beaucoup de supers assos qui peuvent t'aider, répondre à tes questions, t'accompagner, te faire rencontrer des personnes safe, et même, accompagner tes proches qui seraient un peu perdu.e.s par cette annonce !

Laisse-leur un peu de temps, les réactions à chaud ne sont pas forcément les plus représentatives, c'est toujours un peu bizarre au début, juste après la grande déclaration, mais ne t'inquiète pas, le temps aide bien à l'affaire !

Parfois tu as même de belles surprises ! Tu te dis : " - Oh mon dieu, ma tante Josie n'acceptera jamais je suis sûre, je la connais !" Et en fait, c'est elle qui te demandera de venir aux gayprides avec toi !
Après, il y a ceux qui ne veulent pas entendre ni comprendre... L'homophobie résiste encore et toujours, malgré l'évolution des mœurs !
Dis-toi dans ce cas que le problème, surtout, ce n'est pas toi... Ils ne sont pas encore prêts à ouvrir leurs petits cœurs, fermés à double tour par des bourrages de crâne et des préjugés...
Le coming out est un magnifique combat, car c'est un combat au nom de l’amour... Alors soit en fièr.e !
Et de plus, ce n'est jamais vraiment fini ! Des petits coming out, tu vas devoir en faire tout au long de ta vie ! L'annoncer à de nouvelles fréquentations, à tes nouveaux collègues, en soirée...
Les premières fois c'est toujours une épreuve, mais on "s'habitue" avec le temps !
Et bien sûr, ce n'est pas une obligation, si tu ne le sens pas, tu peux aussi garder ton jardin secret, à partir du moment où tu te sens bien avec !
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, tu vas devenir extrêmement badass après quelques années de pratique !

Saches que tu ne seras jamais seul.e, on te met en dessous 2 assos présentes dans toute la France, vraiment top pour des petits et gros coups de pouce !

L'association "Contact", groupes de paroles, écoute, conseils : Voir notre article
L'association "Le refuge" pour accompagner et héberger davantage de jeunes rejeté.e.s par leurs proches car homosexuel.le.s ou transgenres :
Site internet : le-refuge.org
Urgence 24h/24 : 06 31 59 69 50